VEF Blog

Titre du blog : Mario Bergeron multicolore
Auteur : Mario3
Date de création : 21-12-2014
 
posté le 20-08-2017 à 21:31:08

Créer et pleurer

 

Je viens de terminer la création d'un roman intitulé Grand-Regard et la lumière. De la fin d'avril à aoüt 2017, environ quatre mois, pour un texte qui ne comptera pas deux-cents pages. C'est la norme.

Il s'agit souvent d'un moment triste, parce que je dois quitter ce qui a bercé mon âme pendant quelque temps. Ai-je déjà pleuré, en terminant un roman ? Oui, pour Contes d'asphalte. Voici une seconde occasion. En écrivant les derniers instants de Grand-Regard, je me sentais bouleversé, nerveux. À la toute fin, j'en ai versé. En retournant chez moi, j'avais l'impression de tituber et je pleurais encore.

Étrange, n'est-ce pas ? Pas du tout. Écrire des histoires, c'est ma vie et même au-delà de mon existence. Pourquoi celui-là m'a fait pleurer et pas les autres ? Question de relation intime. Au départ. ce roman représentait un défi et je crois l'avoir affronté sereinement.

Avant de vous présenter un résumé, je dois préciser une chose. Le personnage de Grand-Regard apparaissait dans un chapitre de mon roman Gros-Nez le quêteux et il était déjà singulier. Lors du salon du livre de Trois-Rivières du dernier printemps, un homme m'a avoué comme il avait aimé cette jeune femme, me suggérant de l'utiliser à nouveau. Merci, monsieur. Grand-Regard et la lumière est la rencontre entre un roman de moeurs et un autre de science-fiction.

Je désirais un texte doux, sans cris, sans peur ni haine et sans soucoupe-volante. De ce fait, mon extra-terrestre est très sensible et poltron, ce qui n'est pas très typique à ces êtres d'un autre monde.

En 1905 vit dans un village du Québec une jeune femme de 25 ans surnommée Grand-Regard, quelque peu marginale, douée pour le chant et le dessin. Revenant tardivement d'une visite chez des amis, elle voit tomber du ciel une lumière, atterissant dans une petite forêt coincée entre le village et la zone agricole. Elle croit qu'une étoile ou un morceau de lune est tombé.

Curieuse, elle se rend tout près et a la surprise effroyable d'apercevoir une source lumineuse au sol d'où sort une voix incompréhensible. Elle fuit à toutes jambes, mais, dès le lendemain, elle retourne à cette source étrange. La lumière est toujours là et, soudainement, s'avance vers elle. Quand Grand-Regard revient à elle, la jeune femme entend la chose parler sa langue et chercher un contact amical.

La lumière est l'esprit d'un homme de science d'une planète d'une lointaine galaxie, et dont le vaisseau a eu un accident. Il a eu le temps de s'éjecter et de tomber au sol de la Terre.  Il craint que sa présence inhabituelle ne fasse naître de la violence à son endroit. Il trouve un appui chez Grand-Regard pour demeurer caché.

Les jours suivent dans une ambiance intime où la  femme échange avec celui qu'elle appelle Lumière. Douceur, compréhension, partage dans un esprit de bonté. Elle lui parle de la Terre, chante pour lui, dessine, et, en retour, l'être l'entretient de la vie sur sa planète, de sa compagne et de son enfant. Chaque nuit, Lumière lance des messages aux siens, pour qu'on vienne le chercher.

Lumière se montre de bon conseil pour Grand-Regard et l'aidera à faire face à son avenir de façon sereine. Le moment de la séparation, alors qu'un vaisseau avec deux êtres immenses et lumineux se présente pour récupérer l'esprit de Lumière, bouleverse Grand-Regard, ne pouvant croire qu'elle devra continuer à vivre sans la présence de son ami.

Je crois que c'est un roman touchant, paisible. On n'y croise pas de dialogues, mais des échanges à même les paragraphes tiennent lieu de conversations. Les personnages terrestres font partie du décor, dont un ancien notaire devenu aveugle et à qui Grand-Regard fait la lecture. Aussi, une fillette admiratrice de "Mam'zelle Grand-Regard" qui se plait à lui raconter ses rêves et, enfin, un jeune homme amoureux de la demoiselle et qui le refuse avec froideur.

Il ne me reste plus qu'à terminer de copier le texte dans son fichier informatique, puis de me lancer dans les relectures afin d'améliorer l'ensemble. Voici un court extrait. Ah, un petit oubli : ma relation avec Grand-Regard a été si particulière qu'une tentation de lui consacrer d'autres romans pourrait être considérée un peu plus tard.

 

 

 

 

« Je vais dessiner le visage de Petite-Lumière. Oh, j’ai un livre de contes, prêté par monsieur le notaire. J’y ai repéré une jolie histoire qui pourrait plaire à votre fille, sans oublier que vous seriez enchanté de l’entendre. Ce sont des mots qui touchent le cœur et l’imagination. Une source de bonheur. » Lumière rayonne, car il croyait que son amie allait partir. Le manège du premier dessin recommence : la jeune femme approche très près, demande qu’il parle de la fillette, pose parfois une question sur un aspect de la physionomie. Grand-Regard se sent parcourue de frissons, tant les descriptions sont tendres et débordentes d’un grand amour. Par contre, après une demi-heure, elle sent que cela attriste l’être, craignant sans doute de ne plus jamais revoir son enfant. Alors, elle dépose sa tablette et met une main dans la source lumineuse, caresse comme elle le fait avec son chat.
 

Commentaires

MarioMusique le 09-09-2017 à 00:51:14
Je crois que c'est une belle réussite (Vantard, Mario B!), En lisant Gros-Nez le quêteux, tu y croiseras brièvement Grand-Regard.


Ah, une autre caractéristique que je n'ai pas mentionnée : Je ne nomme pas de lieu, nom de village ou de pays, si bien que cette histoire peut aussi se dérouler en France ou dans tout autre pays francophone.
Maritxan le 09-09-2017 à 00:14:46
Je sais être patiente ! Sourire1

Tu penses qu'il ne sera jamais édité ? Les éditeurs ne savent pas ce qu'ils vont perdre. Cette histoire est très belle !
MarioMusique le 08-09-2017 à 18:55:34
Oh là là ! Je dois d'abord terminer de le copier dans un fichier informatique, puis lire, relire, relire plusieurs fois. Puis ensuite, il demeure dans mon ordinateur parce que les maisons d'éditions, je m'y suis frotté trop longtemps.
Maritxan le 08-09-2017 à 13:47:30
Je raffole de ce genre d'histoire. Il me tarde que ton roman paraisse sous forme papier. @+
MarioMusique le 25-08-2017 à 21:30:18
Tu sais, un guitariste qui n'a pas enregistré de disque demeure un guitariste ; un peintre qui n'a pas tenu d'exposition est quand même un peintre, puis un auteur qui a écrit un texte romanesque est aussi un écrivain.
Florentin le 25-08-2017 à 16:14:36
Les personnages que l'on crée sont comme nos enfants et quand on doit les quitter, j'imagine que, quelque part, ce doit être un cève-coeur.. Mais, si on veut les voir grandir, prendre leur élan et s'inviter chez les gens, il faut l'accepter. Reste, comme dit Armand, le sale boulot du contact avec les éditeurs. Parce qu''un bouquin non édité, ce n'est plus qu'une illusion ... Bon wek-end. Florentin
MarioB le 25-08-2017 à 00:30:24
Merci, cher client potentiel.
yvandesbois le 24-08-2017 à 22:35:46
Bon 'vent ' pour ce dernier roman

a bientôt
MarioMusique le 21-08-2017 à 18:50:36
Moi et les éditeurs,. hein... Je m'y suis frotté onze fois et c'est suffisant.
jakin le 21-08-2017 à 17:51:19
Un Roman c'est comme un enfant à qui l'on va donner la vie....je comprends ton ressenti....Il faut maintenant le faire grandir chez Monsieur l’Éditeur.....