Mario Bergeron multicolore

Quotidien, souvenirs, coups de coeur, etc.

posté le 20-09-2017 à 23:45:15

Autobiographie de Lillian Gish : Une jeune femme sérieuse

Le cinéma sans Griffith devenait possible pour Lillian Gish, mais l'influence de l'homme demeurera dans son esprit pour le reste des années 1920. En premier lieu, elle s'associe avec une petite maison de production et va tourner deux films en Italie. De retour en Amérique, la MGM naissante lui fait signe et lui offre un contrat de un million de dollars par année. Moins de quinze années plus tôt, elle touchait cinq dollars par jour à la Biograph. Les relations sont d'abord harmonieuses avec MGM, grosse maison, mais avec une vision commerciale conservatrice. Lillian Gish, comédienne dramatique par excellence, tourne des films sérieux, la plupart basés sur des oeuvres littéraires ou théâtrales. Parallèlement, elle rencontre de graves difficultés, escroquée par un gérant, à qui elle fait un procès. Comme elle le gagnera, l'homme la harcèlera de procès en procès. De plus, elle doit s'occuper de sa mère gravement malade.

Après quelques tournages, la MGM fait de plus en plus d'ingérance dans les films choisis par leur vedette, particulièrement la production de 1928, The Wind, aujourd'hui considérée comme un classique de l'art silencieux. Mais à l'époque, le film est mis sur les tablettes pendant une année, car Lillian refusait de tourner une finale heureuse. Un directeur de la MGM, pour relancer sa carrière, lui proposa ceci : "Laissez-moi vous organiser un beau scandale, pour faire parler de vous." Non! Une négation de trop. Notons que Lillian Gish avait toujours refusé de se prêter au jeu des potins, à celui de la vie mondaine hollywoodienne. Lors des tournages pour la MGM, elle a du mal à s'adapter aux productions modernes où elle avait peu de liberté dans sa gestuelle, alors que chez Griffith, elle avait appris à tout faire par elle-même. Lillian Gish, après son NON, était sans contrat. Elle a tourné un film sonore en 1930, cherchait à poursuivre, mais fut attirée par un amour de jeunesse : le théâtre. J'y reviendrai, avec aussi un paragraphe sur le destin de Griffith.

 


 
 
posté le 20-09-2017 à 12:54:02

Autobiographie de Lillian Gish : La glace et l'orpheline

Le succès de Broken Blossom sera suivi par deux autres réussites commerciales, mais fera naître un léger conflit entre DW Griffith et Lillian Gish. La comédienne s'était opposée au projet suivant de son mentor : un mélodrame paysan du 19e siècle, intitulé Way Down East, qu'elle jugeait idiot. Sauf que Griffith a encore gagné, bien que le film devait surtout son succès à la scène finale, alors que Lillian est emportée par la débacle d'une rivière glacée.

 


 
 
posté le 19-09-2017 à 01:24:22

Autobiographie de Lillian Gish : Émotion

Après avoir tourné ce film de guerre en France, Lillian Gish revient en Amérique en devenant la comédienne de pleine confiance de DW Griffith. Ce sera pour elle le début d'une phase très prospère. Griffith ne la dirigeait plus, sauf pour lui indiquer ses déplacements, car Lillian concevait elle-même la nature de son personnage, sans la communiquer au réalisateur. Dans son premier film de retour, True Heart Susie, elle joue une jeune fille que chacun croit idiote, mais qui ne l'est pas du tout, tant la comédienne arrive à nuancer son personnage. Cependant, l'actrice atteindra son sommet avec le film Broken Blossom (Le lys brisé.)

Un film extrêmement sobre de la saga Griffith, avec seulement trois personnages en vedette, sans foules, sans clinquant ni grands décors. Le mélodrame se déroule à Londres dans le brouillard et Griffith offre des tours de magie avec l'éclairage. Lillian Gish approchait de ses trente ans quand elle doit jouer cette jeune adolescente, battue par son père violent et alcoolique, puis protégée par un Chinois au grand coeur, qui tombe amoureux de la jouvencelle. Soit dit en passant : un autre film pour prouver que Griffith n'était pas raciste, bien que notre Oriental était joué par un Blanc, de façon d'ailleurs très crédible. C'est un film qui mêle la délicatesse et l'émotion brute à des scènes plus rudes, dont le sommet suivant.

 


 
 
posté le 18-09-2017 à 16:25:16

Autobiographie de Lillian Gish : La guerre

Il est curieux de constater qu'après avoir dénoncé la guerre dans Birth Of A Nation et dans Intolérance, DW Griffith tourne quelques films sur le conflit 14-18. Il faut comprendre que l'homme était ruiné et qu'une offre était irrésistible : tourner un drame avec une partie documentaire, financé par l'armée alliée franco-britannique. Griffith traverse en Europe en compagnie des soeurs Gish, de leur mère et d'un comédien. Une fiction avait été prévue, alors que les Gish sont des paysannes françaises tentant de fuir la colère allemande. Griffith avait l'autorisation de l'armée pour filmer dans les tranchées et se servir des soldats disponibles. Hearts Of The World a donc été tourné en France.

L'expérience fut difficile pour le clan Gish. La maman vivra progressivement dans la peur et Dorothy passera sa vie à craindre toute explosion, ayant vécu un bombardement à Londres et d'autres en France. Il y aura aussi un aspect éprouvant pour le cinéaste, alors que des soldats lui servant de guides sont attaqués et tués par les ennemis.

 


 
 
posté le 17-09-2017 à 13:47:50

Autobiographie de Lillian Gish : Grandes productions

Griffith étant libre de ses décisions, avec des budgets plus imposants, il se lance dans une production inédite, avec l'idée première qui deviendra une des normes du cinéma hollywoodien : un film de longue durée, avec une distribution colossale, mais aussi, pour la première fois, une trame sonore écrite pour le film. Ce sera Birth Of A Nation, de 2 heures 45 minutes, racontant un épisode de la guerre civile américaine, mais du côté des perdants. On y croise une incroyable scène de combats de guerre, beaucoup d'émotions.

 


 
 
posté le 15-09-2017 à 16:32:24

Autobiographie de Lillian Gish : Initiation au cinéma

Comme beaucoup de comédiennes de théâtre, les soeurs Gish méprisaient le cinéma et elles sont arrivées dans ce domaine par hasard, visitant le studio Biograph à New York pour saluer une copine de route, qui sera célèbre sous le nom de Mary Pickford. D'ailleurs, même après avoir tourné leur premier film, les adolescentes cherchaient toujours des rôles au théâtre. Cependant, les films leur apportaient une certaine sécurité : un salaire journalier de cinq dollars.

 


 
 
posté le 14-09-2017 à 01:31:20

Arrivée de poche

Mercredi après-midi, on cogne à ma porte. Un livreur me tend un petit paquet, mais je ne savais pas ce qu'il pouvait contenir, jusqu'à ce que je regarde l'adresse de l'expéditeur. "Ah, ce sont mes copies du roman 2013 en format poche." J'ai ouvert le tout, regardé, puis déposé tout ça sur ma table, et l'enveloppe sur le plancher pour que le chat puisse jouer. Puis je suis retourné à mon ordinateur. Il faut avouer que j'ai déjà démontré davantage d'enthousiasme face à l'arrivée d'un roman!

J'ai tout de même regardé. La première chose que j'ai vue m'a enchantée : ils ont enlevé ces fichues étoiles dont l'une rouge, signifiant que ce livre était le premier tome d'une série. Cet éditeur avait commis une telle chose sans m'en parler, même si je lui avais alors signalé que c'était un roman complet, avec un début et une fin. J'ai passé les années suivantes à répondre à cette question d'inconnues :"Quand va paraître le tome 2" Grrrrr... "Non madame, il n'y en a pas et il n'y en aura pas."

 


 
 
posté le 13-09-2017 à 00:14:11

Autobiographie de Lillian Gish : DW Griffith

Le chapitre suivant l'enfance de Lillian Gish est consacré au réalisateur David Wark Griffith. Lillian allait devenir son actrice fétiche pendant une dizaine d'années et la femme gardera beaucoup de respect pour l'homme, qu'elle a toujours nommé comme "Monsieur Griffith" et non pas "David", malgré leur amitié.

Pour ce chapitre, Lillian Gish s'oublie pour laisser la place à l'homme. En lisant ces pages, j'ai pensé me rendre à la fin du bouquin pour constater ce que j'avais deviné : oui, il y a eu recherche historique auprès de cinémathèques, consultation de livres, de découpures de presse, sans oublier les archives du cinéaste, puis des enquêtes auprès de gens qui ont connu l'homme (N'oublions pas que ce texte a été écrit en 1967-68 et que beaucoup de gens un jour en relation avec Griffith étaient toujours de ce monde.)

 


 
 
posté le 11-09-2017 à 19:41:47

Autobiographie de Lillian Gish : L'enfance

Si vous désirez lire du vide, procurez-vous une autobiographie. C'est plus que souvent vain, anecdotique, rempli de choses qui ne me regardent pas. La seule captivante que j'ai lue est celle de Lillian Gish, parce que la femme fait preuve d'une qualité absente des autres livres de ce type : l'humilité. Le titre ne ment pas : les fleurs, elle les garde pour le cinéma, pour le réalisateur DW Griffith et un peu pour elle-même.

 


 
 
posté le 09-09-2017 à 01:16:51

De choses et d'autres, ces derniers temps

MAÏS : En ce vendredi, un homme m'interpelle : "Veux-tu du blé d'Inde?" Pas d'argent, m'sieur. "Gratis!" C'était le responsable des kiosques des Jardins fruités, qui ferment boutique, et le gus les vidait un à un. Alors, je suis parti chez moi avec douze épis.

DROITS D'AUTEUR : J'ai enfin reçû ma paie pour le roman publié en 2015. Pas de quoi pavoiser... J'ai cependant pu acheter de nouvelles petites enceintes sonores pour mon ordinateur. Les autres étaient les seuls éléments survivants de mon premier ordinateur, acheté en 1993.