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Titre du blog : Mario Bergeron multicolore
Auteur : Mario3
Date de création : 21-12-2014
 
posté le 12-09-2017 à 01:41:47

Autobiographie de Lillian Gish : L'enfance

 

Si vous désirez lire du vide, procurez-vous une autobiographie. C'est plus que souvent vain, anecdotique, rempli de choses qui ne me regardent pas. La seule captivante que j'ai lue est celle de Lillian Gish, parce que la femme fait preuve d'une qualité absente des autres livres de ce type : l'humilité. Le titre ne ment pas : les fleurs, elle les garde pour le cinéma, pour le réalisateur DW Griffith et un peu pour elle-même.

Ce livre a été écrit en 1969, en collaboration avec Ann Pinchot. La copie ci-haut, version française, date de 1987, mais aucun élément n'a été ajouté au texte d'origine. J'ai croisé le même livre avec une autre page couverture. Alors, je relis avec joie et vais tenter l'expérience de vous "faire lire" en même temps que moi, étape par étape, en plusieurs articles.

Lillian Gish, en compagnie de sa mère et de sa petite soeur Dorothy, était comédienne dès l'âge de cinq ans, tenant des rôles enfantins pour des troupes théâtrales ambulantes, se produisant dans des villages et des petites villes ignorées par des comédiens vedettes. Enfant de la balle, comme le veut l'expression, mais sans le misérabilisme d'usage. Bien sûr, elle a couché dans des auberges douteuses et se privait de quelques repas, mais elle ne fut jamais malheureuse. Les gens de ces troupes étaient gentils et protégaient les deux enfants. Cette existence inhabituelle lui a permis d'apprendre une certaine discipline et le sens du devoir.

C'est aussi un tableau de la vie sociale de la fin du 19e siècle et du début du suivant. J'ai beaucoup aimé ce court passage où Dorothy doit tenir le rôle d'un garçon et la fillette pique une crise de larmes parce qu'elle doit porter un pantalon, ce qu'elle trouve humiliant.

Une chose est certaine : les soeurs Gish étaient très attachées l'une à l'autre. Les photos du duo nous les présentent toujours enlacées, comme si elles ne faisaient qu'un seul être humain. Il y a une photo des deux femmes, dans la soixantaine, et elle donne aussi cette impression.

Griffith témoigne de la première fois où il a vu les soeurs : Je me souviens d'avoir traversé, un jour, tout au début de l'été, le vieux hall sinistre des studios Biograph, quand soudain, tout parut s'illuminer. Ce brutal changement d'atmosphère était dû à la présence de deux jeunes filles assises côte à côte sur le banc. Elles avaient des cheveux tirant sur le blond, et se serraient tendrement l'une contre l'autre. Je n'avais jamais vu plus joli tableau. Sur la photo : Dorothy tient affectueusement Lillian.

 

 

L'extrait. Lillian et Dorothy, au début de l'adolescence, se rendent dans un cinéma à deux sous, où elles reconnaissent, sur l'écran, une fille croisée avant et qui, comme elles, jouait au théâtre dans des troupes ambulantes : Gladys Smith, la future Mary Pickford. J'adore la réaction décrite par Lillian.

 

 

 

À la fois troublées par notre découverte et fascinées par le scénario, nous sommes restées assises, les yeux rivés à l'écran. Quel beau film c'était, fait pour toucher les coeurs et faire couler les larmes. (...) Le film durait quinze minutes, puis le mot "fin" vint illuminer l'écran, celui-ci ne fut plus grand qu'un drap de lit ; nous sommes sorties en clignant les yeux dans le grand soleil.

 

Commentaires

MarioMusique le 12-09-2017 à 20:35:01
Oui, mais pas toujours, parce que j'ai déjà croisé des propos centrés sur le Et moi et moi et moi.
jakin le 12-09-2017 à 18:28:30
Bonsoir Mario, quant ils sont bien écrit ces livres donnent beaucoup à voir de la vie sociale de leur époque....