Mario Bergeron multicolore

Quotidien, souvenirs, coups de coeur, etc.

posté le 14-08-2017 à 23:46:47

Je ne suis pas seul

 

 

J'ai découvert, par hasard, le site d'une association québécoise contre le bruit. Curieux, j'ai passé près de trente minutes à regarder tout ça, à lire en diagonale, et, à ma grande surprise, les textes et opinions répondaient à mes propres perceptions.

 

 

D'abord, les bruits excessifs sont propres à l'été. Voici quel pourrait être le classement des plus insupportables :

 

1)- Musique sortant d'une voiture en marche.

2)- Festivals et rassemblements publics, avec feux d'artifice.

3)- Tondeuse à gazon.

4)- Chiens indisciplinés qui aboient tout le temps.

5)- Bruits provenant d'un bar, dont les zélés des pédales d'accélérateurs.

 

 

Trouvé un commentaire d'un homme de Trois-Rivières, s'en prenant au Grand Prix de Course automobile qu'on subit chaque été. Des bolides se manifestent dans les rues de la ville. Tout ça a débuté quand j'avais autour de 13 ou 14 ans et je me souviens que j'avais trouvé cette idée idiote. Que l'événement ait lieu sur une piste de course, ça va, mais... dans les rues de la ville ? Dont un boulevard où se trouve un hôpital. Je demeure loin de cet événement, mais on l'entend bourdonner avec puissance jusque dans mon salon.

 

 

 

 

J'ai déjà exprimé ceci dans un article lointain, et je le répète : un feu d'artifice avec aussi spectacle en plein air, c'est très bien lors de la fête du Québec et celle du Canada, mais... chaque semaine? Trois ou quatre jours par semaine? Sans oublier que des pétards, le commun des mortels peut en acheter et faire son propre feu d'artifice dans sa cour. Dans mon cas, je demeure loin des deux lieux principaux de ces réjouissances, mais l'eau du fleuve transporte le vacarme jusque chez moi. Vous savez quoi ? Ce bruit effraie les chiens, qui aboient encore plus. Trop, c'est trop. Une fête, cela doit être une récompense ; pas une routine.

 

 

 

La semaine dernière, un orchestre a débuté son spectacle à... minuit trente. À deux heures de la nuit, ils n'avaient pas terminé. Vous imaginez une personne âgée demeurant près de là ? Un bébé ? Des gens souffrants ?

 

 

 

Pour cette semaine, les bang-bang du Grand Prix laissent leur place au Bon Dieu. Comme je demeure près du sancturaire, j'ai droit à des Ave Maria environ six heures par jour. Ce n'est pas divin à entendre.

 

 

 

Les bouffeurs de pelouse! On dirait une course à relais ; quand l'un termine, un autre prend la relève. Est-ce nécessaire de couper tout ça trois fois par semaine ? Déjà vu  un homme coupant sa pelouse en novembre. 

 

 

 

Ne me demandez pas pourquoi je déteste l'été. En hiver, chacun est terré devant son téléviseur pour apprendre quoi dire et penser, et personne ne mène alors de vacarme.

 

 

 

Je termine avec une pensée de Gilles Vigneault, à propos de son village natal : "À Natashquan, pour entendre le silence, il suffit de se taire." Pas le cas à Trois-Rivières.

Tags: #bruit
 


Commentaires

 

1. johnmarcel  le 15-08-2017 à 00:36:51  (site)

Par chez moi on entend pas les cloches de l'église du village car on s'y habitue... on entend les machines agricoles dans les champs, et c'est pas tous les jours...

2. MarioB  le 15-08-2017 à 01:00:28  (site)

C'est parce que tu n'habites pas une ville.

3. johnmarcel  le 15-08-2017 à 01:25:37  (site)

Ah mais j'ai habité la ville !
Boulogne-sur-Mer (où je suis né), Saint-Etienne, Lille, Coventry, Bradford, Oxford et Mulhouse !

4. MarioB  le 15-08-2017 à 02:52:46  (site)

C'est beaucoup plus que moi, qui habite toujours sa ville natale, sans jamais être déménagé.

5. Nikole-Krop  le 15-08-2017 à 05:15:46  (site)

Je n'aime pas l'été, "entre autres" pour les mêmes raisons que toi.
(Et en plus je fais partie des gens qui regardent la télé pour apprendre quoi dire et penser, warf !!)

6. jakin  le 15-08-2017 à 11:31:44  (site)

En Provence c'est également la patrie du bruit. Comme il fait chaud, les gens vivent dehors et l'on entend toutes sorte de bruits....et ceux qui se reposent comme moi les fenêtres ouvertes ne dorment pas avant une heure du matin....

7. MarioB  le 15-08-2017 à 12:25:15  (site)

Il y a toujours eu du bruit dans les villes, mais j'ai l'impression que cela devient un art de vivre.

Nikole, j'adore quand tu fais Warf !

 
 
 
posté le 13-08-2017 à 01:24:47

Richard Baillargeon : un historien de la musique

 

 

À toutes les deux ou trois années, je relis au complet les Rendez-Vous et les revues Yé-Yé, publiées par Richard Baillargeon pendant presque vingt ans. Je ne m'en lasse pas! C'est passionnant et important. C'est aussi un travail pionnier de l'histoire de la musique populaire du Québec.

Au début des années 1980, Richard Baillargeon trouvait incongru qu'on puisse connaître quoi que ce soit des musiciens américains et français des années 1960, alors que les 'histoires officielles' passaient sous silence ce moment de notre saga musicale, ou la traitant en résumé et avec un certain snobisme, un mépris.

Alors, là où il n'y avait rien, notre homme a tout fait, avec patience, passion, amour, mais aussi avec savoir-faire et bon goût. En premier lieu, la Revue Yé-Yé était artisanale, plutôt moche, mais, peu à peu, le tout a pris forme grâce à des collaborateurs et diverses ramifications, entres autres celles des anciens musiciens de ces formations. Travail d'historien, je vous assure. Les dernières revues Yé-Yé annonçaient une forme davantage professionelle, qui deviendra, en 1991, une revue annuelle du nom de Rendez-Vous.

La revue retraçait principalement les carrières de groupes pop-rock des années 1960, mais aussi celles d'artistes solos. Si les 60 étaient le centre de ces publications, Richard Baillargeon touchait aussi les 1940, puis 70-80-90. L'homme avait une vision globale de la musique.

Les groupes vedettes étaient présentés, mais aussi des formations n'ayant eu que un, deux ou trois 45 tours, et même à l'occasion, pas de disque du tout. De plus, il y avait les à-côtés culturels relatifs à la musique, comme l'histoire d'émissions de radio et de télé destinées à la jeunesse, sans oublier des résumés des scènes yé-yé au Chili, en Espagne, au Japon. De plus : musique folklorique, chansonnière, western. On donnait aussi la parole aux gens faisant des recherches dans le domaine musical. 

Deux reportages fascinants : 1)- sur un musicien folklorique qui faisait partie d'une émission de radio des années 1940. 2)- sur le propriétaire d'un important cabaret de la ville de Québec qui accueillait Charles Trenet, des vedettes de la francophonie, les premiers chansonniers québécois.

On peut reprocher à certains des collaborateurs de Baillargeon un aspect "C'était le bon vieux temps" agaçant, dont un certain homme qui n'a probablement jamais écouté un disque de rock depuis 1968.

De ce fait, quand il s'agissait de groupes ou artistes contemporains, seul Baillargeon signait les articles. La plupart du temps, il s'agissait de groupes néo-60 et rock de garage, mais aussi une certaine débutante du nom de Lynda Lemay, dont c'était sans doute le premier interview de sa carrière.

J'ai découvert les Rendez-vous par hasard et me suis empressé de me procurer tous les numéros, en plus des Yé-Yé. J'ai communiqué avec Richard Baillargeon via son site Internet, cherchant à me procurer une photo vue dans un Rendez-Vous pour illustrer mon roman Les Fleurs de Lyse, mettant en vedette un groupe fictif de rock des 60. Nous avions échangé quelques courriels et il m'avait promis de faire une critique du roman, lorsqu'il sera publié.

Non seulement il a tenu parole, mais il m'a invité à participer au lancement de Rendez-Vous 2002, à Montréal. où j'ai pu serrer la pince à Arthur, guitariste des Jaguars. Bons souvenirs de cette soirée! J'ai rencontré Richard Baillargeon une seconde fois, en 2009. au salon du livre de Trois-Rivières, alors qu'il présentait un bouquin (Trop coûteux pour ma bourse d'alors...)

Il n'y a pas eu de Rendez-Vous depuis 2002, Richard se tournant vers d'autres avenues relatives à la recherche musicale. C'est dommage, car je pourrais nommer cinquante sujets qu'il n'a pas abordés, dont des résumés de carrière de gens comme, par exemple, les Milady's. Depuis, l'homme a écrit une centaine de livrets de CD de rééditions et les textes d'un site Internet sur l'histoire de la musique du Québec.

Un homme extraordinaire, qui, avec amour, a édifié ce qui n'aurait pas existé sans lui.

 

 

Le fichier audio : La chasse à l'enfant, par les Minstrels, groupe qui avait eu droit à un article dans un Rendez-Vous. Les connaisseurs remarqueront que c'est un texte de Prévert. Cela date de 1991.

 

 

À ma grande surprise, j'ai constaté que le site Internet des Rendez-vous existe encore, même si le contenu cesse en 2002. Pour les gens qui veulent jeter un coup d'oeil à la démarche de Richard Baillargeon, suivez ce lien :  

 

http://membre.oricom.ca/sarma/

Tags: #musique
 


Commentaires

 

1. jakin  le 14-08-2017 à 11:40:31  (site)

Une excellente initiative pour faire connaitre la musique populaire et les chanteurs de son pays....

2. MarioMusique  le 14-08-2017 à 13:42:15  (site)

J'aime bien les interventions des anciens musiciens, racontant des anecdotes étonnantes et enrichissantes.

 
 
 
 

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