Mario Bergeron multicolore

Quotidien, souvenirs, coups de coeur, etc.

posté le 15-01-2018 à 02:24:39

Connaissez-vous Astérix ?

 

 

1-
Dans quel album apparaît pour la première fois le chien Idéfix?

 

2- Nommez deux des quatres camps romains entourant le village des Gaulois.

 

3- Quelle est la cause de l'explosion du bateau des pirates dans Astérix en Corse ?

 

4- Pouvez-vous situer la réplique : "Orgies! Orgies! Nous voulons des orgies!"

 

5- Dans quel album les pirates font leur entrée dans l'univers d'Astérix ?

 

6- Quel est le nom du semeur de zizanie ?

 

7- Il y a deux références aux Beatles dans la série. Pouvez-vous m'en nommer une ?

 

8- Le village gaulois n'est présenté en hiver qu'à une seule reprise. Dans quel épisode ?

 

9- De quelle manière les Normands connaissent-ils enfin la peur, dans Astérix et les Normands ?

 

10- Quel est le nom de la belle et jeune épouse du vieillard Agecanonix ? 

 

11- Quel est le titre de l'album dans lequel le village gaulois n'apparaît qu'une seule fois, à la dernière page?

12- Quels sont les véritables parents du fils d'Astérix?

 

 

 

 

 

Tentez de répondre à ceci de mémoire vive. Si vous avez une question à me poser, ne vous en privez pas. Je donnerai les réponses cette semaine.

 


Commentaires

 

1. jakin  le 15-01-2018 à 10:28:50  (site)

Salut Mario, J'ai donné ma collection d'Astérix à ma petite fille qui se trouve actuellement à 1000 kms de chez-moi. Donc je donne ma langue à Falbala !

2. Florentin  le 15-01-2018 à 11:37:45  (site)

Je n'ai que cinq ou six albums de la collection. Aussi, je serais bien en peine de répondre à toutes tes questions. Mais, bon,j'ai vu (et souvent) tous les dessins animés des aventures d'Astérix et d'Obélix. Je devrais peut-être en fouillant bien ma mémoire trouver quelques solutions. Je relis ton questionnaire. A plus. Florentin

3. MarioMusique  le 15-01-2018 à 12:00:46  (site)

Tout ça est pour s'amuser, n'est-ce pas?

 
 
 
posté le 12-01-2018 à 01:58:56

Québécisme : Maudit

 

 

 

 

Maudit était un terrible juron, à la Renaissance. Il est devenu un vilain mot au Québec, avant de se transformer en un juron léger. Cependant, Maudit est employé à toutes les sauces, au Québec, très souvent assez éloigné de son sens véritable. Quelques exemples.

 

QUALIFICATIF POSITIF : Marque une insistance positive. Exemple : "Sa soeur est une maudite belle fille". Ceci signifie que cette demoiselle est vraiment très belle. "J'ai vu un maudit bon film." Film de qualité.

COLÈRE : Dessin ci-haut : "Le capitaine Haddock est en maudit".

EXCELLENCE : "J'ai mangé un maudit bon repas." C'était succulent. "Le plombier a fait un maudit bon travail". Un très bon plombier.

INSISTANCE POUR UN JURON : "Maudit tabarnaque que je me sens fatigué." Ne dites pas cela à vos z'enfants.

ENFANT COQUIN : "Mon p'tit maudit". C'est une expression gentille.

PERSONNE QUI EXCELLE DANS SON DOMAINE : "Un maudit bon patineur." Un vrai pro!

ÉTONNEMENT : "Ça parle au maudit" serait simplement l'équivalent de "Ce n'est pas possible" ou de "Que diable!"

 

SUPERLATIF : "J'ai eu une peur du maudit". Une grande peur, en somme.

 

RAPIDEMENT : "Je suis parti au plus maudit". Il est parti rapidement.

 

DOMMAGE : "C'est bien maudit que Robert ne soit pas venu". Tant pis pour lui !

 

RÂCLÉE : "Le voyou lui en a donné une maudite.' Ouch!

 

ANECDOTE VÉRITABLE : À la fin des années 1960, le propriétaire d'un petit casse-croûte du centre-ville de Trois-Rivières avait affiché à son entrée : "Venez boire un maudit bon café." Ceci avait fait la manchette, si bien que des gens se déplaçaient pour voir la chose. On lui avait ordonné d'enlever cette publicité, choquante pour plusieurs.

 

 

FICHIER AUDIO : Maudit blues, par Jean-Pierre Ferland 

 


Commentaires

 

1. anaflore  le 12-01-2018 à 04:21:42  (site)

peu employé chez moi et juste dans un seul sens

2. jakin  le 12-01-2018 à 12:29:13  (site)

L'explication est nécessaire pour comprendre ce Québécisme. Mais en réalité comme disent les universitaires, il s'agit d'un mot vernaculaire que l'usage s’octroie dans un sens caché...C'est le cas dans toutes les peuplades primitives...Bien que l'on ne peut pas qualifier les Québécois de primitifs !

3. MarioB  le 12-01-2018 à 12:34:08  (site)

Il s'agit simplement de mots et de termes culturels et fruits de l'histoire. Les différentes utilisations de Maudit sont très communes, au Québec. C'est la même chose pour tous les peuples et c'est d'ailleurs ce qui fait leur richesse.

4. Nikole-Krop  le 13-01-2018 à 08:19:31  (site)

Merci pour ce billet lexicologique.

5. johnmarcel  le 13-01-2018 à 10:55:25  (site)

Maudits Français de Linda Lemay, je l'ai entendu à la radio... une fois c'était une rediffusion d'un concert au Québec et on entendait les gens rire de bon cœur, la seconde fois était la diffusion d'un concert en France (à Paris certainement) mais là les gens riaient bien moins et ça m'a déçu... cette chanson est géniale !

6. MarioMusique  le 13-01-2018 à 13:53:51  (site)

Je sais que cette chanson existe, mais je ne l'ai jamais entendue. C'est une expression qu'on entend encore, mais beaucoup moins qu'avant.

Elle prend sa source lors de la guerre de 7 ans, alors que, indirectement, les colonies de la Nouvelle-France étaient aussi en conflit avec la Nouvelle-Angleterre, Alors que cette dernière recevait des troupes entières de soldats, la France n'envoyait à peu près personne ici, si bien que notre territoire est passé aux mains des Anglais. Les gens d'ici avaient donc de bonnes raisons de maudire les Français, parce que ceux-ci nous avaient abandonné.

Autre fait personnel : à mon université, j'étais copain avec une française, au Québec depuis 20 ans, et à qui on disait Maudite française alors qu'il n'y avait pas de personne plus aimable. Cela l'attristait et j'avais honte pour les gens la considérant avec si peu d'égards,

7. Florentin  le 14-01-2018 à 11:42:30  (site)

Je me demande si, au temps jadis, on n'utilisait pas ce mot aussi chez nous comme superlatif. Mais, je ne le jurerais pas. Aujourd'hui, on ne l'utilise plus, en tout cas, que dans le sens de damné ou détestable. Allez, je te souhaite une maudite bonne soirée. Florentin

8. MarioB  le 14-01-2018 à 16:53:50  (site)

C'est une bonne soirée !

L'histoire des jurons et des blasphèmes est historiquement très riche.

 
 
 
posté le 09-01-2018 à 14:08:51

Le magasin de mon père

 

 

Au cours de mon enfance, j’avais une maman, un papa et un magasin. La première me donnait parfois de l’affection, le second n’a jamais joué avec moi et le trosième a été le cauchemar de mes premiers pas dans la vie. Oh, pas que je désire ici condamner les efforts de réussite de mon père. Il a travaillé fort pour y arriver. D’ailleurs, il ne faisait que cela, puis regardait la télé. C’était un commerce de vente de peinture, né en 1960 et qui, d’un petit local, allait se rallonger sans cesse dans tous les sens, coupant ma cour de jeux en deux sections.

 

 

Nous habitions au second étage et un long escalier reliait le foyer au magasin. Chez moi, il y avait deux téléphones : l’un pour la maison privée et un double du magasin. Il y avait aussi un intercom qui se faisait entendre souvent pour demander à ma mère de descendre au magasin rempli de clients. Bref, nous dînions et soupions rarement en famille. Pendant les repas, un signal se faisait entendre quand un client poussait la porte du commerce, et mon père, ou ma mère, cessait de manger pour descendre servir cette personne. Maman y travaillait, sans salaire, en plus de s’occuper de la maisonnée, de trois adolescents et de l’enfant que j’étais. Je vivais sans cesse avec les bruits du commerce, si bien que j’avais l’impression de ne pas avoir de vrai foyer, comme ceux de mes amis.

 

 

L’anecdote la plus odieuse à propos du magasin : la maison familiale était en fait un échantillon des produits de peinture. Très souvent, mon père montait avec des clients pour qu’ils touchent la finition de telle catégorie de peinture. Je jouais dans mon coin et je pouvais voir surgir des étrangers, dont la plupart me semblaient mal à l’aise. Je me souviens qu’il était entré dans ma chambre alors que j’étais encore au lit. Dans un film français des années 1980, j’avais vu le comédien Richard Bohringer faire la même chose. Cette habitude insupportable a perduré jusque dans les années 1970. J’avais une horreur enracinée de cette manie. 

Le magasin m’a permis de travailler. Mon père nous faisait distribuer, à mes amis et à moi, des circulaires de démonstration de teintes. C’étaient des paquets de cent et mon père nous donnait vingt-cinq sous par unité écoulée. Mal payé, je crois bien! Nous parcourions des rues entières pour laisser ces trucs dans les boîtes aux lettres. C’était un jeu, mais nous en revenions très exténués. Je garde un curieux bon souvenir de cette activité, car elle me permettait de voir ce qui se passait ailleurs. Je rencontrais d’autres jeunes, des gens divers et… des chiens qui n’aimaient pas les petits distributeurs de circulaires!

Il y avait, au sous-sol, un réservoir de varsol. Mon père allait chercher des bouteilles vides dans un hôpital – certaines avec des gouttes de sang! – et je les remplissais, ce qui m’irritait les mains au moindre débordement. Je me souviens des étirements sur la peau de mes mains quand je terminais une séance. J’ai passé des heures et des heures devant ce réservoir, même si ça me donnait le goût de vomir.

Le seul souvenir amusant que j’ai de ce commerce est un tableau d’un nu féminin qui avait été censuré par le prêtre de la paroisse. Les seins du modèle étaient pudiquement recouverts d’un papier brun que les clients aimaient bien soulever pour regarder « ces seins que vous ne sauriez voir. »

Mon frère Daniel s’est impliqué très jeune dans le commerce, si bien que le lieu est devenu « Martin Bergeron et fils ». Pour le meilleur et pour le pire, Daniel se portera plus tard acquéreur du commerce et de ses succursales. Dès ce moment, il y a eu modernisation de l’approche. Ma mère a cessé d’y travailler et mon frère n’aimait guère quand papa descendait pour aider, avec des méthodes parfois criardes. La meilleure initiative de mon frère : il a fermé le réservoir de varsol.

Au début de l’adolescence, j’y passais mes vacances scolaires, dans l’entrepôt. Je détestais ça, mais cela m’apportait de l’argent de poche bienvenu pour acheter des disques. La photo ci-haut date de ce moment (Beau gosse, n’est-ce pas?)

Ah! j’oubliais : à la petite école, des garçons me surnommaient « Bocal de peinture ». Je voulais les égorger.

 

  Il y a un second article sur ce sujet. Tout juste en bas de celui-ci.
Tags: #travail
 


Commentaires

 

1. yvandesbois  le 09-01-2018 à 16:48:28  (site)

De l' humour tes copains d' école
là les cheveux sont plus longs !....

2. MarioB  le 09-01-2018 à 17:00:14  (site)

Ah non, pas du tout...
Je devais avoir 15 ans, sur cette photo, en route pour ma coiffure Led Zeppelin.

3. Florentin  le 11-01-2018 à 09:09:26  (site)

Il faut bien que jeunesse se passe ! Mais, bon, il y a, c'est sûr, de plus agréables occasions de la vivre ! Ton père ne te manifestait aucun geste d'affection, mais, il n'avait pas le temps, peut-être, sans doute même, t'aimait-il quand même ... Florentin

4. jakin  le 11-01-2018 à 11:23:21  (site)

La peinture n'a pas encore séchée ? Après "Fils" il manque Mario....

5. MarioMusique  le 11-01-2018 à 13:41:54  (site)

Peut-être que je n'aurais jamais dû écrire tout ça. Pensées trop personnelles sans doute et qui remuent des démons.

La petite peinture servait à la livraison. C'était au cours de l'ouverture des succursales et elle est devenue trop petite pour acheminer le matériel vers ces lieux.

6. MarioB  le 11-01-2018 à 13:48:54  (site)

Le petite voiture, que je voulais dire. Pffff...

7. Nikole-Krop  le 13-01-2018 à 08:18:16  (site)

Les démons qui se réveillent, ils vont se rendormir, va ...

8. MarioMusique  le 13-01-2018 à 13:46:29  (site)

Merci.

 
 
 
posté le 08-01-2018 à 14:31:47

Les magasins de mon frère

 

 

Après les échecs spectaculaires de mes études, je me suis tourné vers le marché du travail, avec deux emplois en 1976 et un cul-de-sac. Alors, j'ai fait ce que j'aurais cru impossible : demander à mon frère Daniel s'il y avait de la place pour moi dans ses commerces. Ce fut le cas, de 1977 à la moitié de 1979. Je détestais autant le lieu, mais, avec le recul, je sais qu'il y a eu des bons points, ne serais-ce que pour le sympathique personnel et le climat social. Je n'ai pas eu le temps de lui demander, mais je pense que Daniel m'aurait dit que ce furent les plus belles années de cette saga.

Mon frère désirait que je devienne commis, mais j'avais refusé. Ma destination : l'entrepôt. J'avais tout de même accepté certaines responsabilités autres, comme le bilan de vente de chaque journée (Voir la photo dans le prochain article), un inventaire hebdomadaire, puis la rédaction d'un journal destiné au personnel.

Dans l'entrepôt, je me sentais libre. Je devais placer le stock sur les tablettes du magasin, préparer les commandes des succursales et recevoir les camionneurs. Souvenir particulier de cette dernière tâche : quand un type arrivait avec 32 boîtes, c'était OK. Mais quand un autre se présentait avec 2000 caisses de peinture, c'était une autre histoire! Il y avait un espace de réception, mais il était parfois insuffisant. J'étais un jeune homme frêle, au contraire des camionneurs, de solides gaillards. Alors, je pense qu'ils riaient en douce en poussant les boîtes sur le rouleau, me tombant entre les bras rapidement et je devais vite, vite, vite les déposer, car une autre était en route. Très exténuant! Pas fort, mais résistant. Un camionneur me l'avait une fois dit : "T'es tough en maudit, mon jeune!" Loin d'être terminé : il fallait placer toutes ces caisses dans leur coin respectif. C'est le truc le plus physique que j'ai fait, au cours de ma vie. Des années plus tard, lors des salons du livre, un représentant commercial d'une maison d'édition était un de ces camionneurs et il se souvenait très bien du jeune qui recevait des centaines de caisses dans le ventre.

Au cours de l'été 1979, ce fut la radio, jusqu'en 1983. Autre cul-de-sac. J'ai demandé à Daniel si... Ce fut de 1983 à 1987. Beaucoup moins drôle... Toujours dans l'entrepôt, sauf que tout avait grossi, si bien qu'on avait un second entrepôt. Je détestais tout ça, mais je le faisais, car j'avais besoin d'une paie pour mes disques et ma bière. J'étais un consommateur.

J'ai tourné le dos pour un autre poste à la radio, puis pour la municipalité, confirmant ce que je savais déjà : je n'ai jamais aimé mes emplois.

Daniel avait fermé des succursales pour bâtir un grand local, où le personnel administratif s'était installé. Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais je crois que ce fut le début menant vers la fin. Lors de la cessation de l'entreprise, mon père avait humilié Daniel devant le notaire, ce que mon frère n'a jamais pu oublier. Il deviendra simple commis, toujours dans le domaine de la peinture, car il était un expert. Il m'a une fois dit qu'à chaque fin de journée de boulot, en rentrant chez lui, il n'avait rien d'autre à penser que ses bons plaisirs de la vie.

 

 

Le local a par la suite été loué à un vendeur de draperies et de tissus, puis à mon réparateur d'ordinateur. D'ailleurs, quand je lui rendais visite, j'étais mal à l'aise d'être en ce lieu.

 

 

Un fait qui m'a longtemps poursuivi : des gens, apprenant mon identité, me lançaient : "Ah, la peinture!" J'avais le goût de mordre! Heureusement, ceci s'est beaucoup atténué.

 

 

La photo ci-haut date de 1983. On peut voir les récipients de peinture, à ma gauche.

 

 

Tags: #travail
 


Commentaires

 

1. Nikole-Krop  le 08-01-2018 à 20:17:28  (site)

"T'es tough en maudit", ça veut dire quoi ?
T'es choupinou sur cette photo ... juste les cheveux un peu trop courts ... :-)

2. MarioB  le 08-01-2018 à 23:17:28  (site)

Ça veut dire exactement la mème chose que je venais d'écrire, que je suis résistant. En maudit veut dire 'Beaucoup'.

La coupe de cheveux? J'étais dans ma période Clash !

édité le 09-01-2018 à 05:17:50

3. anaflore  le 09-01-2018 à 01:43:07  (site)

Bravo pour la photo du jour

4. Nikole-Krop  le 09-01-2018 à 02:41:29

Ah bon, un pur québécisme alors. Et "tough" ?

5. jakin  le 09-01-2018 à 04:05:52  (site)

Un bout de vie mis à l'honneur et surtout que la photo est souriante....pas si malheureux que çà le garçon ?

6. Florentin  le 09-01-2018 à 08:04:50  (site)

Tu n'as pas dû t'ennuyer beaucoup dans ta vie, car tu as beaucoup bougé et souvent changé de métier. Une façon de voir les choses qui en vaut pas mal d'autres. Forentin

7. christineb  le 09-01-2018 à 09:14:17  (site)

Bravo pour la photo du jour. Je reviendrai lire d'autres articles.

8. elena13  le 09-01-2018 à 12:27:00  (site)

Bonsoir Mario3, bravo pour la photo du jour !!!

9. MarioB  le 09-01-2018 à 14:19:37  (site)

Ah ouais... la photo du jour, hein...
Merci pour ces participations.

10. yvandesbois  le 09-01-2018 à 16:41:22  (site)

Classe , le magasinier

11. MarioB  le 09-01-2018 à 17:01:03  (site)

Ne pas me dire Magasinier...

 
 
 
posté le 05-01-2018 à 16:04:46

Mon ami André Bourassa

 

 

Cette photo a été prise le 19 août 1977. J'avais 22 ans et je me noyais dans ma période festive, avec les fins de semaines au bar Rio, à boire de la bière et à écouter du rock poussé au maximum, ne refusant aucune aventure. L'homme à mes côtés était exactement le contraire de moi. Et pourtant, je le considérais avec amitié et il aura une influence sur certains aspects de ma vie adulte. Son nom était André Bourassa, surnommé "Le Cartable", car il était comptable pour l'entreprise commerciale de mon frère, puis avant de mon paternel.

André était un homme conservateur. Alors que la plupart jouaient la carte décontractée du moment, Cartable portait veston et chemise blanche, la cravate, cela même pendant les canicules. Il était sans doute le dernier adepte des boutons de manchettes, du chapeau modèle 1951. À son arrivée, chaque matin, il se rendait dans notre petit coin pour se préparer un café, dont il faisait une grande consommation, cela même pendant les chaleurs intenses estivales, sous prétexte que la chaleur était idéale pour combattre la chaleur. Puis il nous racontait sa première blague de la journée. Elles étaient toujours nombreuses. Il avait une voix douce, était très calme, mais piquait parfois des colères terribles, principalement quand les chiffres de ses grands cahiers affichaient des anomalies. Ah oui, tout se faisait à la main, bien sûr, et André utilisait la plume et l'encre. Jamais de stylo. Il tapait les chiffres sur sa calculatrice en ne regardant pas l'appareil, tout comme il roulait ses cigarettes sans poser les yeux dessus. Si vous vous demandez pourquoi j'étais aux côtés d'un comptable : j'étais responsable du bilan de vente de chaque jour.

Le jeudi, jour de paie, je montais dans l'auto de l'homme, toujours une vieille bagnole cancéreuse. Il me laissait au centre-ville, pour mes achats hebdomadaires de disques. André aimait la musique, mais pas les chansons. Une aversion certaine pour Robert Charlebois! Il était du genre grands orchestres de musique instrumentale, avec violons.

J'ai travailé pour mon frère de 1977 à 1979, un peu par la suite, mais je croisais André depuis longtemps et je le ferai à l'occasion.

Autour de 2000, il me téléphone pour savoir si j'avais des disques de Guy Lombardo, orchestre ringuard des années 40. Ce n'était pas le cas, mais sur Internet, on pouvait trouver des fichiers. Je lui avais préparé un CD. Très content, le Cartable! Peut-être cinq années plus tard, je l'ai croisé au stade de baseball et nous avions eu beaucoup de plaisir à discuter de sports et, comme jadis, il me racontait des blagues. C'est alors que j'ai pensé que cet homme d'une autre génération et d'un caractère opposé au mien, avait de l'amitié à mon endroit. Je l'ai rencontré une dernière fois aux funérailles de mon père. Deux de ses légendaires blagues allaient trouver place dans autant de mes romans, dont le publié Ce sera formidable. Et puis hier...

LA FIN TRAGIQUE D'ANDRÉ

J'ai appris, via ma soeur, le décès de l'homme, survenu il y a près d'une année. Il avait 79 ans. En fait, tout le Québec était au courant, sauf moi, puisque cette disparition a été médiatisée. J'ai trouvé tout ça sur Internet et j'ai ressenti beaucoup de chagrin.

André était au début de la phase Alzheimer, si bien que sa famille l'avait confié à un foyer. Je connais ce lieu, puisque la mère d'un de mes amis y fut pensionnaire un certain temps. Un ancien motel, avec portes extérieures, un long couloir reliant les chambres à la salle à manger, au salon. Un endroit quelque peu austère. Par contre, les chambres étaient grandes, avec une toilette, une porte menant vers le couloir et une autre vers l'extérieur.

André n'y était que depuis un mois quand, une nuit de février, il décide sans doute de se rendre à la toilette, mais se trompe de porte et le voilà dans le froid hivernal de février, en pyjama, avec la porte verrouillée. Je devine son drame en tentant de retourner en dedans. Pas de caméra, de système d'alarme. Le matin, on a retrouvé André Bourassa mort de froid. Une année auparavant, une femme avait subi un sort voisin, sortant en pleine nuit, ne pouvant plus rentrer, tombant et s'assomant sur le ciment. Quelques mois plus tard, on a ordonné à ce foyer de fermer ses portes.

Il me reste les souvenirs, le son de sa voix, ses blagues, ses cafés et son rire.  

 

Tags: #amitié
 


Commentaires

 

1. johnmarcel  le 05-01-2018 à 22:37:55  (site)

Peut-être n'a t-il pas eu conscience qu'il allait mourir ? Ou alors ça s'est passé très vite et qu'il n'a pas eu le temps de souffrir ?

édité le 06-01-2018 à 04:38:15

2. MarioB  le 05-01-2018 à 23:48:30  (site)

On le saura jamais...

3. anaflore  le 06-01-2018 à 03:22:43  (site)

dramatique de n'avoir pas de réponse !!

4. Florentin  le 06-01-2018 à 09:04:37  (site)

Heureusement qu'on ne sait pas l'heure à laquelle la fin arrivera, ni comment on va mourir. C'est déjà beaucoup trop de savoir qu'un jour on disparaîtra. Florentin

5. Nikole-Krop  le 06-01-2018 à 11:42:59  (site)

Triste histoire touchante.
Je ne sais si tu es comme moi, mais quand j'apprends après-coup la mort de gens cotoyés, et appréciés, je suis encore plus triste, regrettant de ne pas être allée à leurs obsèques : par respect pour eux, par respect pour les souvenirs communs passés, et leur force.

6. MarioB  le 06-01-2018 à 12:45:27  (site)

Sentiment partagé, Nikole.

7. hazel  le 08-01-2018 à 13:58:35

Très belle hommage a cette homme que fut André

 
 
 
posté le 02-01-2018 à 11:15:21

Ça va mal !

 

 

PREMIER JANVIER
: L'avantage de l'hiver est qu'il n'y a pas de bruits idiots et insupportables. L'été, il y a le feu d'artifice et pétards tri-hebdomadaires et... Nooon! Le 31 décembre à minuit, des édentés de la rue voisine ont décidé d'avoir recours au feu d'artifice et aux pétards pendant vingt minutes, alors que  la température indiquait - 20. Aaaaaaaaggggrrrr !

 

 

 

DU SANG : C'est sans doute que je prends de l'âge et que ma peau est plus sensible. Ayant décidé de déblayer mon perron d'une petite montagne de neige, je prends ma pelle, puis je me cogne une main et ça se met à saigner. Pas de gros choc! Il y a cinq années à peine, j'aurais fait Ouch puis je serais sorti pour le travail. Plus maintenant : une importante déchirure à un doigt. Aaaaaaaagggggrrrr !

 

 

 

BOUM ! Ma soeur m'a demandé un film. Il était classé dans la deuxième boîte de rangement. En levant la première, le fond a cédé, si bien que deux centaines de boitiers DVD sont tombés au sol avec fracas. Aaaaaagggggrrrr !

 

 

 

ORDINATEUR : Une fois par année, mon ordinateur rend l'âme. Chanceux, car j'ai pu tenir une année et demie. Rien de grave, car je garde tout sur des USB et que mes fichiers importants, de plus, nichent sur un disque dur additionnel. Facile de tout rétablir, bien que mon disque Windows ne fonctionne plus. Il faut donc passer par le marchand. À la maison, remettre le machin lecteur de musique (qui date de 1993), Nero, l'imprimante, le truc pour les pochettes de disques, l'autre patente pour transformer les fichiers wave en MP3 : tout ça est facile et prend deux heures. Le problème est lorsque je me branche Internet. Alors là, les maux de tête rigolent pour la peine. Il y a un côté arnaque relatif à Internet qui m'énerve. Aaaaaaagggggrrrr !


TÉLÉPHONE : Stupide appareil! Vous avez entendu parler de ces cas d'un téléphone qui sonne et qu'il n'y a personne qui vous répond, sauf un grésillement? Eh bien, j'en suis victime depuis plusieurs mois. Semble-t-il qu'il y a des arnaques derrière tout ça, mais je n'ai pas trop bien compris les explications. On m'a fait savoir que je devrais changer mon appareil (qui n'a pas d'afficheur). Ah, pour changer, je le voudrais bien, mais je crois que les téléphones avec roulettes n'existent plus. C'était moins de problèmes. Alors, pour ne pas me cogner la tête contre les murs, mon appareil, mural, est débranché plus que souvent. Ce n'est pas trop grave, car en 2016, la personne qui a le plus tenté de me rejoindre est le propriétaire de la maison, à cause des nombreux travaux qui ont alimenté sa saga. Il y a mes deux soeurs qui peuvent le faire, mais elles ont compris que me rejoindre par courriel est plus facile. Pas de coups de fils de mes amis ? Je n'ai pas d'amis. Un jour, je n'aurai plus de téléphone, afin de goûter la paix. Aaaaaagggggrrrrr !

 


Commentaires

 

1. Maritxan  le 02-01-2018 à 13:24:33  (site)

En effet, ça commence mal pour toi ! Demain est un autre jour...

2. MarioB  le 02-01-2018 à 14:57:20  (site)

Je ne mens pas : crois-le ou non, mais je viens de me cogner un autre doigt et il y a encore du sang et une coupure !

3. jakin  le 03-01-2018 à 11:50:03  (site)

Mario du devrais mettre des gants pour tes travaux de déneigement....

4. MarioMusique  le 03-01-2018 à 12:08:00  (site)

J'allais les enfiler, mais la seconde fois, je les portais.

5. Nikole-Krop  le 03-01-2018 à 13:25:23  (site)

Mario, je serais toi, je resterais couché quelque temps, que tout ça se tasse. Et plus sérieusement, je compatis. Et je fais aaagggrrr bien souvent pour des histoires de matériel. Mon téléphone fixe grésille aussi et on n'entend rien quand on décroche (mais moi j'ai un -vieillissime- portable pour les urgences) ... je ne sais même pas si je vais le changer. Les ordis et tout le reste, c'est bien pratique mais horreur et panique psychologique et financière quand les problèmes surgissent ! Quant à l'hiver et sa tranquillité ... ici, il n'y a plus d'hiver. En tout cas, bon courage l'ami, je compatis !

6. MarioB  le 03-01-2018 à 15:37:25  (site)

C'était pour faire changement : un gars qui chiale alors que le moment proclame que chacun doit être joyeux. Mais en fait, tout ça est vrai et un doigt de ma main droite ressemble à un bombardement.

T'as raté le rigolo article sur la visite du château ? Kss kss...

7. Nikole-Krop  le 04-01-2018 à 03:27:53  (site)

Le château ? Oui, j'avoue ... mais j'y vais de ce pas, réparer ma faute tss tss ! :-)

8. Florentin  le 06-01-2018 à 05:57:56  (site)

A ta place, je ne ferais ni une si deux, je me suiciderais .... Florentin

 
 
 
posté le 23-12-2017 à 02:52:57

Lecture : L'école au 19e siècle

 

 

 

Un livre d'histoire, se concentrant sur l'école rurale de villages de ma région, entre 1850 et 1900. Beaucoup d'éléments font maintenant partie du folklore, à cause de romans, d'émissions de gagavision : les enfants qui marchent pieds nus vers l'école ; les commissaires d'école analphabètes ; la maîtresse sous-payée ; les paysans radins quand vient le tempe de faire instruire leurs enfants ; la maîtresse qui demeure dans une vétuse maison d'école,  etc. Tout ceci était vrai, mais il faut aller plus loin que ces impressions. C'est ce que fait l'historienne Jocelyne Murray.

Ceci est sa thèse de doctorat. Ayant passé par le même chemin, je dois dire que Jocelyne a eu une grande chance : beaucoup de documents d'époque, d'archives importantes. Tout ce qu'il faut pour présenter un texte riche et intéressant.

Nous passons de l'organisation sociale pour l'éducation, à la construction des écoles, au personnel enseignant, aux enfants, à la fréquentation scolaire, à ce qu'on leur enseignait, et jusqu'à l'ameublement de l'école.

Au Québec, l'école n'était pas obligatoire et ne le deviendra qu'en 1941. Alors, la fréquentation en zone rurale était en dents de scie, les grands enfants devant aider leur père aux champs. Il n'y avait pas de Ministère de l'Éducation, même si le gouvernement du Québec intervenait sur ces questions. Des enseignantes sans qualifications, il en existait, coûtant moins cher qu'une jeune femme formée à une école Normale. Tant de choses intéressantes racontées!

J'ai bien connu Jocelyne Murray, car elle fréquentait l'université en même temps que moi. Alors, on échangeait souvent. Elle terminait son doctorat au moment où je posais pied dans cette zone. Je me souviens surtout que sa mère l'accompagnait souvent à l'université et que ces deux femmes étaient de grandes amies. J'ai assisté au lancement de ce livre. Jocelyne en était très fière. Le défaut du bouquin est le langage un peu trop universitaire, trop souvent employé par les historiens du Québec. C'est une écriture de fonctionnaire et pas très littéraire. Tout de même une lecture (une seconde fois) appréciée.

 

 

Un court extrait et une mise en contexte. Les jeunes femmes enseignantes gagnaient entre 50 et 75 dollars par année. Une ouvrière dans une usine de tissage touchait davantage.

 

 

 

Les conditions de vie du personnel enseignant s'avèrent variables et surtout modestes, tributaires de la bonne volonté des commisaires d'école. On peut tout de même se demander comment parvenaient à vivre les maîtresses d'école avec un salaire de moins de cent dollars? La réponse nous est fournie par un commentaire de l'inspecteur David Lefebvre qui se disait "convaincu que les institutrices qui résolvent ce problème ne peuvent le faire que par le jeûne et le dénuement et non par la connaissance des mathématiques."

 

 

 

 

 

Jocelyne Murray, Apprendre à lire et à compter ; École et société en Mauricie 1850-1900, Éditions du Septentrion, 2003

Tags: #histoire
 


Commentaires

 

1. jakin  le 26-12-2017 à 11:43:42  (site)

Intéressant toutes ces thèses, mais souvent écrites académiquement ! Faculté oblige ?

2. MarioMusique  le 27-12-2017 à 02:35:48  (site)

Exactement ! J'ai rencontré beaucoup de mal avec cette idée, pour la maîtrise et le doctorat.
Ceci, c'est une chose. Quand le texte est présenté au public sous forme de livre, il doit devenir autre chose.

3. anaflore  le 28-12-2017 à 02:21:08  (site)

Il paraît qu'on grelotte chez vous ? J'espére que les méninges ne sont pas geléesi
Je connais une famille d'enseignants canadiens qui ont posé les valises en France faute de trouver un travail au canada!!
Surprenant car les diplômes français qui vont au canada ne trouve pas de travail équivalent à leur diplôme
Bonne journée

4. MarioMusique  le 28-12-2017 à 03:23:13  (site)

Au Québec, la population est moindre qu'en France. Conséquemment, on y compte moins d'écoles et donc moins d'emplois. Mon premier diplôme en est un en enseignement, mais je n'ai jamais enseigné de ma vie, sans dans mes deux stages.

La température est dans la norme de décembre. Il en faut plus pour me faire claquer des dents ! Ah! Ah!

édité le 28-12-2017 à 09:23:32

5. Florentin  le 29-12-2017 à 12:40:00  (site)

Les premières maîtresses, chez nous, étaient sans doute mieux traitées, mais à peine. Leur vie était dure et spartiate, surtout dans les campagnes. Les enseignants vivent plus confortablement maintenant, mais il a fallu attendre les années 70 pour les sortir du marasme matériel. Aujourd'hui encore, il faut avoir la vocation pour choisir ce métier. Je le sais, je le fus un moment. Bonne fêtes de fin d'années. Florentin

6. MarioB  le 29-12-2017 à 13:27:50  (site)

Ne doutons pas qu'il y avait des points communs à cette époque entre les enseignantes rurales des deux pays.

L'auteure raconte que les commissaires d'école y allaient à rabais en engageant des filles de leurs villages et qui n'avaient aucune formation en pédagogie. Elle dit aussi que les maîtresses de la ville (Trois-Rivières) rencontraient moins de difficultés que les rurales.

 
 
 
 

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