Mario Bergeron multicolore

Quotidien, souvenirs, coups de coeur, etc.

posté le 14-09-2018 à 01:04:29

50 années d'autobus

 

 

Je viens de me rendre compte que je suis un usager régulier du transport en commun depuis cinquante années. En effet, en septembre 1968, je débutais ma triste carrière de trois ans au séminaire de Trois-Rivières et j'utilisais l'autobus, me déposant plus près de chez moi que celle des écoliers. Oh, bien sûr, j'avais pris l'autobus bien avant, au cours de mon enfance pour, par exemple, me rendre à ma taverne favorite pour me saouler.

Comme j'étais mineur, le prix d'un passage, en 1968, était de dix sous. Aujourd'hui, avec une telle somme, je ne pourrais même pas acheter un bonbon. Il y avait une carte avec photo et on n'avait qu'à acheter une enveloppe 1 dollar, pour 10 occasions. Aujourd'hui, un passage coûte 3 dollars et 30 sous. Ne laissez personne prétendre que l'autobus est le transport des pauvres. Faux!

À ce moment là, les chauffeurs portaient un uniforme et une casquette. Plus maintenant. Il n'y avait pas de femmes au volant. Maintenant, plusieurs tiennent cet emploi, dont une jolie svelte aux longs cheveux blonds.

 

Il y avait alors moins de trajets. Je crois bien que leur nombre a triplé. Je ne les connais pas tous, car il y a des parties de la ville où je ne me rends jamais.

 

J'ai des souvenirs relatifs à l'autobus, bons ou mauvais. Mon péché mignon consistait à tendre l'oreille à ce que les usagers devant moi se racontaient. Impossible, maintenant. Ils ne parlent plus, car ils ont la tête penchée vers une tablette. Ceux qui parlent le font dans un téléphone. Pas à leur voisin.

 

 

Un bon souvenir : quand, à l'adolescence, j'avais vu dans un véhicule un copain plein de mescaline. Si je ne l'avais pas aidé à descendre près de chez lui, je crois qu'il serait encore là aujourd'hui.

 

 

J'ai aussi aimé cette femme qui transportait sans cesse des sacs de linge. Un chauffeur m'avait raconté que c'était tout ce qu'elle faisait de sa vie : promener des sacs. Quelque chose de voisin : pendant une quinzaine d'années, on voyait un petit trapu barbu qui parlait beaucoup. Il était tout le temps là. Un chauffeur m'avait aussi révélé son secret : son rôle, dans la vie, consistait à prendre l'autobus, du premier service (6.30 AM) jusqu'à minuit.

 

 

Souvenir affreux : quand, circa 1990, ils ont décidé de mettre la radio dans les véhicules. Z'avez déjà monté dans un autobus avec un mal de tête et entendre Céline Dion ou du rap à tue-tête? Ouille... Ceci a cessé il y a autour de cinq années, parce qu'ils ont mis un robot féminin qui passe son temps à annoncer les prochains arrêts. M'ouais...

 

 

Quand j'étais jeune, je laissais ma place aux personnes âgées. J'attends qu'on le fasse pour moi-même!

 

 

Mauvais souvenir : à plusieurs moments de la journée, en arrêtant au terminus du centre-ville, les chauffeurs se pressaient de fuir vers un restaurant tout près pour leur pause-café, laissant des usagers dans le froid de l'hiver pendant vingt minutes. D'ailleurs, dans mon roman Des trésors pour Marie-Lou, je décris cette habitude qui fait gueuler Marie-Lou. Aujourd'hui, le terminus a changé de place et les conducteurs sont passés au thermos.

 

Je me souviens, toujours à l'adolescence, d'un petit prêtre portant encore la soutaine, qui s'installait toujours sur le même banc et qui lisait son bréviaire. Je le trouvais anachronique, mais touchant.

 

 

Moins touchant le chauffeur qui n'avait pas arrêté pour me faire monter, alors qu'il pleuvait, que j'avais les mains pleines de sacs de disques, en sortant de la station de radio où je travaillais. C'était le dernier véhicule de la journée et je n'avais pas d'argent pour un taxi pour retournant chez moi. Grrrr...

 

 

Nikole : est-ce que les gens dorment, dans les autobus? Pas réellement. Dans les autocars pour de longues distances, oui, je l'ai déjà vu, mais pas dans le transport en commun de Trois-Rivières.

 

 

Le souvenir le plus étonnant : en 1999, de biais à moi, j'ai vu une femme en train de lire mon roman Perles et chapelet. Wow! Je me suis senti flatté!

 

Les autobus ont des univers bien à eux, avec des scènes étonnantes, de la drôlerie, même de la tristesse Alors, je crois bien que je vais continuer, car je n'ai pas d'autre choix.

 

Tags: #autobus
 


Commentaires

 

1. jakin  le 14-09-2018 à 08:49:14  (site)

Souvenirs roulants ! J'ai pris les transports en commun toute mon adolescence pour allez au collège et au lycée....On retrouve les mêmes clichés de partout, je crois.....Mais tu aurais du mettre la photo du la jeune femme svelte au cheveux blond....

2. MarioMusique  le 14-09-2018 à 15:59:29  (site)

Elle est étonnante, car habituellement, les femmes tenant ce type d'emploi sont robustes, alors que cette blonde a un corps de mannequin,

3. Florentin  le 14-09-2018 à 17:02:11  (site)

Je ne suis pas un amateur des transports en commun Je suis accro à la bagnole. Ce en qui j'ai tort bien évidemment. Mais, ma douce s'en sert régulièrement. Elle a un abonnement qui lui permet d'aller où elle veut quand elle veut. Mais, je crois volontiers que ce soit un le lieu de spectacle permanent. Elle me raconte parfois ce qu'elle y vit et qui n'est pas toujours piqué des hannetons ! Bon week-end. Florentin

4. MarioMusique  le 14-09-2018 à 18:47:36  (site)

Je n'ai jamais conduit de voiture de ma vie. à cause de mon handicap visuel. Alors, je suis un autobus !

 
 
 
posté le 08-09-2018 à 23:40:35

Oreilles de chat

 

 

Tout le monde sait qu'une personne handicapée compense la perte d'un sens, totale ou partielle, par un sens davantage aiguisé. C'est mon cas. J'entends des choses que d'autres ne perçoivent pas et ces sons demeurent dans ma mémoire. J'ai des oreilles de chat.

 

 

Il y a quelques semaines, un homme de mon âge me parlait et je l'écoutais, persuadé que cette voix m'était familière. Je ne pouvais pas reconnaître son visage, son physique, mais sa voix, oui! Quand il s'est nommé, j'ai fait "Ah oui!" Lui : "Tu ne m'avais pas reconnu?" Moi : "Ta voix seulement."

 

 

 

Une autre fois, je téléphone à un bureau du gouvernement et à la voix de la réceptioniste, je fais : "Lucie?" Elle dit oui, me demande mon nom, ne savait pas qui j'étais, et moi j'ai pu précisément lui dire qu'elle était dans une de mes classes en secondaire 3 et qu'elle travaillait alors pour le restaurant Chez Tarte. Elle semblait estomaquée. Quand je me suis présenté au bureau, alors là, elle m'a reconnu.

 

 

 

Quand je travaillais pour la station de radio CIGB, ma discothèque était à un bout d'un étage et le bureau du patron à l'autre extrémité. Je l'entendais parler et quand il disait mon prénom, j'accourais. "Tu m'as appelé?" Il était très surpris, d'autant plus qu'il ne parlait pas fort. Je lui ai fait le coup plusieurs fois et il demeurait étonné à chaque occasion.

 

 

 

Depuis le début d'août, je suis à créer un nouveau roman, basé sur des faits réels : mon année scolaire 1973-74, alors que je faisais partie du conseil étudiant, comme président du journal (qui avait eu le chic d'être mis dans un coffre fort de la direction de l'école à deux occasions.) J'ai des souvenirs précis de tout ça, mais aussi des archives, dont des rapports de réunions du conseil. Alors, ces gars et filles deviennent des personnages du roman. Bien que j'apporte des modifications,  ce sont bel et bien eux qui renaissent au bout de mon stylo. Je n'ai jamais revu ces jeunes, sinon les années suivantes. Et vous savez quoi ? Quand, dans le roman, je fais parler Lise, Jean-Marc, Michel, Guy, Guylaine, Mike : JE LES ENTENDS! J'entends leurs voix comme si je les avais quitté la veille.

 

 

 

Miaou...

Tags: #roman
 


Commentaires

 

1. chocoreve  le 09-09-2018 à 08:02:53

On se souvient bien des visages, et de leurs expressions, des années après, alors pourquoi pas des voix ... mais c'est vrai que ça paraît incroyable !

2. Florentin  le 09-09-2018 à 11:13:06  (site)

Les possibilités du cerveau sont tout bonnement étonnantes ! Florentin

3. MarioB  le 09-09-2018 à 12:47:53  (site)

Je suis persuadé que je ne reconnaitrais jamais physiquement ces ex-jeunes;

4. jakin  le 10-09-2018 à 10:32:33  (site)

Oreilles de chat peut-être, don de clairvoyance surement ? A développer, tu serras surpris du résultat....

5. MarioB  le 10-09-2018 à 12:53:52  (site)

'Sais pas...

 
 
 
posté le 06-09-2018 à 01:36:03

Québécismes : Objets

 

 

 

TRAÎNE
: Tobogan. "C'est amusant, l'hiver venu, de descendre une côte en traîne."  On dit aussi : Traîne sauvage.

SACOCHE : Sac à main. "Madeleine n'oublie surtout pas sa sacoche quand elle se rend faire des emplettes"

FRIGIDAIRE : Un cas où un nom de compagnie remplace un nom propre : Frigo, réfrégirateur. Je suis certain que beaucoup de gens d'aujourd'hui ignorent que Frigidaire était le nom d'un fabriquant de frigos. "Prends une bouteille de bière, il y en a dans le frigidaire." Mot célébré par Tex Lecor, dans une chanson populaire de 1972. Écoutez le fichier audio.

KODAK : Autre cas d'un nom de compagnie qui devient le nom propre. Appareil photo. "Avant de partir en vacances, n'oublie pas ton Kodak."  KID KODAK : Se dit d'une personne qui prend beaucoup de photos. "Nikole est une kid kodak."

SOUFFLEUSE et SOUFFLEUR. La souffleuse est un imposant chasse-neige. Un souffleur est un petit chasse-neige domestique. "La souffleuse a commencé son travail pendant la tempête de neige." - "Mon stationnement est plein de neige. Va falloir que je sorte mon souffleur."

 


Commentaires

 

1. johnmarcel  le 06-09-2018 à 03:16:44  (site)

Mon frère qui vit en Savoie a un souffleur…

2. anaflore  le 06-09-2018 à 05:05:15  (site)

Frigidaire je savais

3. jakin  le 06-09-2018 à 11:12:24  (site)

Je constate que le frigidaire est rempli d’œufs frais ! Il va falloir les souffler avant la date de péremption.....

4. Florentin  le 06-09-2018 à 11:25:51  (site)

Salut camarade ! Te voilà donc descendu de ton transat estival ! Content de te revoir. Je souris souvent en lisant tes québécismes, car ils sont la plupart du temps fort imagés. A se re-revoir régulièrement. Florentin

5. MarioB  le 06-09-2018 à 13:01:17  (site)

Oui, je sais que frigidaire est parfois employé en France, mais ici, c'est d'un usage très courant.

Merci à tout le monde.

6. johnmarcel  le 06-09-2018 à 15:40:27  (site)

Ici on dit aussi frigo…

 
 
 
posté le 04-09-2018 à 00:34:29

Lecture : Louis Caron

 

 

Je lis rarement des romans, car j'en ai peu trouvé qui me donnent satisfaction. Cela devrait vous étonner, de la part d'un gars qui a vu onze de ses romans publiés? Pas du tout : si j'étais pianiste, j'écouterais essentiellement des disques de guitare. De plus, c'est qu'habitué à la correction de mes propres textes et des bonnes leçons reçues des correctrices engagées par les éditeurs, j'ai tendance à chercher la bête noire dans les romans d'autrui. Dans le cas de Louis Caron, j'ai vu un zoo de bestioles.

J'ai trouvé ce roman dans une petite maison de dons de livres et comme ce Louis est un homme aimable de ma région, j'ai pensé que je devais lire cet Emmitouflé, un classique, dit-on. Type de livre à qui l'on a donné des prix. À l'origine de 1977, j'ai mis la main sur une réédition de 1991.

Il s'agit de l'histoire d'un jeune franco-américain, circa 1970, qui décide de déserter, parce qu'il a reçu son avis pour son service militaire. Le jeune s'inspire de son grand-oncle Nazaire, qui avait fait la même chose lors de la guerre 14-18.

Un roman avec des allées et venues entre le présent et le passé. C'est dans ce dernier domaine que le roman présente ses meilleurs moments, décrivant les aventures solitaires du déserteur Nazaire dans le coin de Nicolet, ville à quelques kilomètres de chez moi et où habite Louis Caron.

 

Le hic est que si j'avais été éditeur en 1977, j'aurais dit à Caron que je refusais son texte, parce qu'il ne sait pas que les virgules existent et surtout qu'il répète sans cesse des mots, cela dans les mêmes phrases et les mêmes paragraphes. De plus, le roman a une finale bâclée, laissant deviner que Caron ne savait pas de quelle façon terminer tout ça.

Lors de la bonne séquence avec le déserteur, ce dernier a une relation avec un cultivateur, dont le patois est "Baptême de nom". Soit, mais l'expression revient chaque fois que ce paysan parle. C'est très, très agaçant! Voici un paragraphe maladroit. À vous de juger :

Il était question de l'avant-couverture. On avait pensé que l'avant-couverture serait plus chaude que le vrai grenier. L'avant-couverture, c'est là où le toit en pente rejoint le plancher de l'étage.

Un de mes éditeurs m'aurait dit, avec raison, que je répète trois fois le même mot en trois phrases d'un même paragraphe. Alors, j'aurais corrigé :

Il était question de l'avant-couverture. On avait pensé que ceci serait plus chaud que le vrai grenier. Il s'agit du lieu où le toit en pente rejoint le plancher de l'étage.

Voyez ? Le roman déborde de maladresses semblables et nuit à la lecture.

Vous devez penser que je devrais devenir correcteur. Eh bien, je vous l'apprends, je l'ai fait deux fois et pour des manuscrits qui seraient publiés.

Tags: #roman
 


Commentaires

 

1. johnmarcel  le 04-09-2018 à 00:49:21  (site)

"parce qu'il ne sait pas que les virgules existent et surtout qu'il répète sans cesse des mots, cela dans les mêmes phrases et les mêmes paragraphes. De plus, le roman a une finale bâclée, laissant deviner que Caron ne savait pas de quelle façon terminer tout ça"

C'est moi ça… y a qu'à changer roman en texte, ou billet… enfin un écrit de blog…

2. MarioB  le 04-09-2018 à 01:01:36  (site)

Pas du tout. Je considère que les blogues contiennent un langage oral transposé à l'écrit. Je ne tiens pas compte des maladresses en lisant les textes de ces lieux, car je sais que j'en commets aussi. Ce n'est pas de la littérature appelée à être la plus riche possible.
Par contre, quand il y a plein de fautes grammaticales et d'orthograhe, j'abandonne. Mais ce n'est pas ton cas.

3. chocoreve  le 04-09-2018 à 05:25:59

On doit effectivement être très critique, quand on écrit soi-même.

Ce qui me manque dans un roman, c'est une carte géographique ... je vais souvent voir où se trouve l'histoire, c'est ce qu'il me faut pour y entrer.

4. MarioB  le 04-09-2018 à 11:27:31  (site)

Une carte géographique ? Je n'avais jamais entendu une telle chose avant...

Il est évident que Louis Caron s'est servi de sa petite patrie de Nicolet et des environs pour les fuites du déserteur et ceci est un bon point. .

5. chocoreve  le 04-09-2018 à 11:33:59

Tu vois on en apprend tous les jours ... Et c est idem avec les blogs des personnes qui font des randonnées ...

6. jakin  le 04-09-2018 à 11:41:52  (site)

L'année 1970 devait manquer de littérature, c'est pour cela que ce roman est passé...à moins qu'il s'agisse du neveu de l'éditeur ?

7. Marioromans  le 04-09-2018 à 13:15:56  (site)

Armand, ce n'est pas un mauvais roman. C'est bien mené et les 50 pages sur le déserteur, caché dans une forêt, sont magnifiques. Sauf qu'il y a ces défauts...

8. jakin  le 05-09-2018 à 04:34:41  (site)

Je suis une mauvaise langue !

 
 
 
 

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